Santé numérique : Enquête sur une révolution annoncée

Révolution numérique », « Mort de la mort », « Disparition des médecins au pro t de l’outil numérique», les expressions spectaculaires ne manquent pas pour annoncer la révolution des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le domaine de la santé.

Généralement, ce type d’af rmation entraîne une certaine mé ance. L’histoire est jalonnée de cas où les annonces n’ont pas été suivies des résultats escomptés. Des effets de mode existent. Des effets inattendus surviennent. La substitution des pratiques traditionnelles par les nouvelles se heurte à des résistances mal appréhendées. En un mot, le passé des analyses du futur a souvent été bien cruel pour ses auteurs.

En dépit de ces réserves, on serait pourtant tenté de croire que nous sommes, dans le cas de la santé numérique, face à une véritable innovation de rupture. Elle en possède au moins deux attributs.

D’une part, sa diffusion dans le secteur de la santé (comme dans d’autres) s’établit à une vitesse jamais observée. Là où la vie d’une innovation présente généralement des temps contrastés d’illusion initiale, de désillusion et en n de maturation progressive, l’usage des TIC s’est imposé d’une manière accélérée. Pour ne prendre qu’un exemple, il n’aura fallu que 2 ans pour observer une utilisation des smartphones par un quart de la population américaine, là où il aura fallu 26 ans dans le cas de la télévision, et sept ans dans celui d’Internet. D’autre part, cette introduction ouvre des horizons nouveaux. Les objets connectés proposent des formes de gestion de la santé par les citoyens eux-mêmes. La capacité à traiter de larges bases de données sur le génome fait émerger de nouvelles connaissances sur les risques de développer une maladie. Des suivis à distance de patients s’avèrent envisageables, rendant la venue à l’hôpital moins nécessaire.

 

Eté 2015 | 29 pages | Editeur : Le Libellio